La bible de Maciejowski (voir la page de liens) qui nous sert de référence, montre plusieurs scènes de banquets ou repas, offrant ainsi la possibilité d’observer une partie des ustensiles propres aux arts de la table.
Avant de servir un repas, il faut le préparer. La viande, notamment, est découpée au hachoir
Puis des chaudrons permettent la cuisson. Ils peuvent êtres petits en bronze ou en fer.
Avec trois pieds (trois pieds pour une chaise ou un chaudron, étant le nombre de pieds permettant de ne jamais être bancal, et ce sur n’importe quel sol pas trop pentu)

 

                          Hachoir                Chaudron bronze           Chaudron en fer          Chaudron 3 pieds

Au delà de cuire, le chaudron peut servir à transporter de l’eau chaude pour un bain comme celui ci :
Contrairement à beaucoup d’idées, les bains étaient très fréquents au moyen age. Il y avait même dans toutes les cités des étuves qui étaient les bains publics de l’époque. L’église chercha longtemps à fermer ces établissements, car, au fil du temps, il y eu une « légère dérive », les employées s’y montrant par trop « compréhensives »…
Mais revenons à la cuisine, les chaudrons peuvent aussi avoir une taille très importante comme ce modèle (chaudron du milieu) dans lequel un homme peut tenir jusqu’à la taille (pas pour y être cuit, mais pour le laver)
Il présente des torsades aux extrémités de son anse, et sur son bord, ainsi qu’une décoration ondée (en filigrane d’argent?) juste en dessous du bord.
Ce chaudron est suspendu au dessus du feu par une crémaillère
Celle ci est d’un modèle fort similaire à ceux encore utilisés dans nos campagnes.
Pour récupérer les aliments plongés dans cette marmite, une fourchette est utilisée.

          
Portage de l’eau       Gros chaudron              Crémaillère                   Fourchette

La nourriture est ensuite placée dans des plats :

      

Vient alors le temps de l’intervention des serviteurs.
On peut s’apercevoir qu’ils s’accroupissaient par respect du statut des personnes qu’ils servaient. Si ils tenaient le pain à la main, pour le couper, ils utilisaient un bâton spécial pour porter les plats :

   
Pourquoi un tel accessoire ?
L’hypothèse du plat trop chaud ne tient pas trop. Car on voit le serveur passer à main nue le plat à celui qui le prend.
Personnellement, je penche plutôt pour l’hypothèse que l’usage d’un tel bâton tient surtout dans la position accroupie des serveurs, plutôt instable. L’utilisation d’une canne de service, augmentant les chances de survie des plats.
Pour manger, pas la moindre fourchette en vue dans le document, seuls les couteaux servent de couverts aux convives. Par contre, assiettes et bols sont de rigueur.

     
Pour la boisson, des brocs ou cruches permettent de transporter les liquides.
Parfois sans anse
Une seule anse (la plupart du temps) : avec ouverture ronde ou bec verseur ou encore deux anses.

       

Cruches à une anse

Et on boit ensuite dans des coupes ou calices :
     

Les couteaux :
L’un des outils le plus ancien pour l’homme, parait être le couteau la bible de Maciejowski en montre des exemplaires nous paraissant assez curieux.
Ces deux exemplaires, ont une pointe qui bien qu’elle ne soit pas visible (ils servent à égorger des moutons) pourrait peut être bien être une pointe, simple classique. Une extrémité large comme les couteaux suivants paraissant, a priori, inadaptée pour poignarder un animal…

Ceux ci, pressentent un dos presque droit, et une partie tranchante en forme de S. L’extrémité présentant deux pointes distinctes reliées entre elles par un arc de cercle. Selon des membres de l’association « Fief et chevalerie », cette forme d’extrémité pourrait être conçue pour racler les os lors du repas.

      

Ici, l’extrémité présente trois pointes. On distingue au pommeau une petite boule, trace de la soie rivetée.
Le dernier modèle possède lui 4 pointes, et des décorations sur la poignée et la lame.

La bible de Maciejowski (voir la page de liens) qui nous sert de référence, montre plusieurs scènes de banquets ou repas, offrant ainsi la possibilité d’observer les meubles sur lesquels sont pris les repas
Chez les paysans, au moment des travaux des champs, on pique niquait sur place, et la table était alors visiblement très succincte car constituée uniquement de la nappe posée sur les genoux !
Les sièges (bancs) utilisés pour s’asseoir ne sont pas visibles.

 

En d’autres occasions, on « mettait la table » car on installait des planches sur des tréteaux dans la salle de son choix.

Si l’image ci dessus ne permet pas d’apprécier la construction de ce meuble, la scène suivante, où les convives sont dérangés en plein repas de manière impromptue , nous donne l’occasion de voir une table dont la nappe à été tirée en partie, et donc d’observer comment ce meuble à été réalisé :

Elle est constituée d’une longue planche, dont la partie centrale est presque totalement lisse (ci ce n’est un filet décoratif sur le bord) permet de s’installer pour manger. Et dont les extrémités présentent une excroissance décorative sculptée, qui est destinée à dépasser de la nappe pour que l’on puisse profiter de la décoration.
Afin de pouvoir être démontée et rangée après les repas, la table n’est pas posée sur des pieds solidaires du plateau, mais des tréteaux, probablement non démontables. L’image ne nous permet pas de savoir si ils ont quatre, ou trois pieds. D’autres sources montrent des tréteaux à trois pieds, l’intérêt de ceux ci est de ne jamais être bancales contrairement à ceux à 4 pieds. De plus, dans l’image ci dessus, des tréteaux tripodiques, offriraient plus de places pour les jambes des convives. C’est pour ces raisons que je pense que ce pourrait être des tréteaux tripodiques, mais sans pouvoir le jurer.
Les deux images ci après présentent des tables aux excroissances décoratives similaires à celle ci dessus. On voit bien que les excroissances permettent naturellement de repousser le bord de la nappe, et donc de maintenir la décoration visible.

 

On voit ci après d’autres tables présentant des décors différents. A noter sur les deux tables du haut des franges et décorations en bout de nappe, et des dorures sur la dernière table.

En plus des tables de repas, on peut trouver des tables de travail servant à débiter du bétail.
Là, la table est nettement plus sobre, évidemment sans nappe pour être plus facile à nettoyer, et les « tréteaux » sont directement emboîtés dans le plateau.
Le premier modèle comporte un renfort à mi hauteur pour solidifier la construction, contrairement au second, qui doit offrir une certaine sensation élastique quand on travaille dessus.

Pour finir, voici l’exemple d’une table basse très décorée :