• Les artisans utilisent toutes sortes d’outils. L’ouvrage que nous étudions ici, la bible de Maciejowski, en présente quelques uns.
  • Commençons par le plus vieux chantier : Celui de Noé.

  • Ici, la construction de l’arche montre quelques outils du charpentier. Outre l’arche dont la coque semble curieusement faite de vannerie, on peut observer une table/établi dont les pieds sont visiblement fichés dans des trous du plateau.
  • Noé tient une hache assez droite, peu profonde, et au tranchant presque droit, qui lui sert visiblement à égaliser une planche.
  • Au sol, une autre hache, au fer moins large mais plus long sert probablement à fendre le bois.
  • Le dernier outil de menuiserie montré ici est la « perceuse ».

      

Hache                        Perceuse

  • Sa conception est bien loin de nos perceuses modernes. Le fer, long d’une coudée, est sans doute d’une section en U près de la pointe. Le manche, en aile de mouette, offre deux poignées et doit s’utiliser dans un mouvement rotatif de va et vient. Ce manche permet d’appuyer fortement. L’envergure de ces poignées permet d’avoir assez de force, pour percer des planches épaisses.
  • On est loin ici des fines perceuses à archet utilisées depuis l’antiquité pour les travaux plus fins tels que la bijouterie.
  • Un outil très important, car entrant dans la mise en forme de la nourriture, est la meule :

  • On aperçoit ici que la pierre mobile du dessus comporte un trou sur le coté afin d’y insérer le manche permettant de la tourner. Le renflement sur le dessus présente, en son centre, une ouverture servant à insérer le grain sans démonter la machine.
  • La bosse permet probablement de loger Un cône repoussant le grain entre les pierres, tout en centrant celles ci. Il est possible du reste que le plan de meulage soit légèrement conique pour que le grain puis la farine se dirige vers les bords plus facilement.
  • Une ouverture dans le coffrage et dans la meule statique, permet de recueillir la farine dans l’écuelle située juste dessous.
  • Une autre branche de l’artisanat est le bâtiment.

  • Sur cette première image, sont visibles une échelle dont les barreaux traversent les montants, avec un ouvrier muni d’une hotte comme on en trouve encore dans nos campagnes.
  • Au sol, deux ouvriers s’occupent de tailler les pierres. L’un, à l’aide d’un gabarit en équerre, marque au fusain ou au charbon, là où il faudra rectifier la pierre. Le second taille effectivement la pierre avec un burin et un maillet.
  • Au sommet de la tour, deux ouvriers scellent les pierres, l’un présente le mortier dans une écuelle, tandis que l’autre se sert d’une truelle (identique à celles du XXIemeS.). Ce dernier est installé sur un échafaudage externe.

  • Cet échafaudage est construit directement dans le mur en construction, au lieu d’être monté à coté comme pour nos constructions modernes. L’avantage est un gain de matière, une mise en oeuvre assez simple même dans des endroits inaccessibles (comme pour un château au bord d’une falaise, où l’absence de sol rend impossible l’utilisation de nos échafaudages classiques.
  • Quand l’ouvrage s’élève, les trous ayant servit à tenir l’échafaudage sont rebouchés avec des bouchons de bois (amovibles, pour pouvoir entretenir la muraille), puis les poutres sont montées dans les nouveaux trous prévus un peu plus hauts.
  • Ce second chantier, montre des engins de levage :

  • L’appareil le plus impressionnant est ici la grue : Un homme marche dans une roue « à écureuil », totalement similaire à celle servant de jouets aux hamsters. L’axe solidaire de la roue permet d’enrouler une corde, et grâce qu principe du levier, l’homme qui ici travaille tranquillement, en mangeant un morceau de pain, est ainsi capable juste en marchant, de soulever des charges faisant plusieurs fois son poids.
  • Grâce à un portique et des poulies, il est possible de déplacer la force de traction facilement à l’endroit exact où l’on en a besoin, sans déplacer l’encombrant « moteur ».
  • Ici, on voit que la nacelle est tenue par en dessous par un ouvrier. Son rôle est d’éviter un balancement de la nacelle (qui pourrait projeter les blocs sur les ouvriers en dessous). Et quand la nacelle est vide il tire sur la corde pour l’aider à descendre, car trop légère pour tendre la corde de treuillage par son poids lors de la descente, cela pourrait entraîner un décrochement des poulies plus ou moins partiel, ce qui au moment de remonter une charge pourrait déclencher un grave accident, de part la corde libérée qui fouetterait violemment tout sur son passage, ainsi que par les pierres, qui libérées, tomberaient en tout sens.
  • Parmi les autres ouvriers, on peut voir de bas en haut, des tailleurs de pierre. Deux porteurs utilisant un brancard de bois muni de trois planches séparant les deux bras, et permettant de recueillir les pierres. Les hommes pour s’aider utilisent des cordages dont les boucles passent par les poignées du brancard. Déjà sur l’échelle, un ouvrier porte, par dessus un coussin maintenu sur son dos par un lanière en bandoulière, un bassine de mortier qu’utilise son collège pour sceller les pierres. Celui ci, utilise une truelle et porte des gants (comme beaucoup d’autres ouvriers, afin de se protéger de l’abrasion des matériaux.
  • Le dernier ouvrier en haut à droite, qui accueille les pierres à lui aussi une écuelle de mortier lui servant probablement à faire le lit qui accueillera les pierres qu’il va poser au sommet de la tour. Son marteau lui permet d’ajuster les pierres.

Pour voir ces techniques de constructions en activité, il est possible de se rendre sur le Chantier médiéval de Guédelon où des équipes sont actuellement en train de construire un château suivant les méthodes du XIIIème Siècle. Les nombreux visiteurs permettent de financer le projet.