• A l’origine, l’enluminure (« mise en lumière ») avait pour principale fonction de rendre « gloire à Dieu ». Elle servait également de repère visuel. En effet, les initiales enluminées et les miniatures permettaient d’identifier rapidement le contenu du texte. De plus, les livres, rares au Moyen-âge, conféraient à leurs possesseurs un grand prestige social car les ouvrages enluminés étaient un signe de richesses et de puissance.
  • Outre leurs fonctions, les éléments décoratifs qui composent l’enluminure se distinguent en 3 groupes :
    • La miniature est l’élément décoratif le plus grand, parfois inséré dans le corps de texte, en pleine page ou en début de texte.
    • La lettrine, dite historiée quand elle renferme un récit familier, ornée quand elle est simplement décorative, zoomorphique quand elle illustre un animal ou une créature fantastique.
    • La bordure qui devient parfois un véritable cadre (motifs floraux, lierres…)
  • Durant le Moyen-âge, et ce à partir du IX et X siècles, chaque monastère possédait son scriptorium. En général le scriptorium était situé prés de la bibliothèque. C’était un local en soi et souvent le seul chauffé dans tout l’abbaye. On y copiait des textes religieux, mais également des ouvrages classiques, tel Horace ou Cicéron. Au début du XIII siècles, les enluminures commencent à sortir des monastères. La bourgeoisie est attirée par ces ouvrages. Ils deviennent très populaires, mais également très chers. Nombreux étaient les personnes illustres qui possédaient leurs psautier enluminé. Ce nouveau phénomène créé l’apparition des universités. (1257 : fondation de enlum1l’Université de la Sorbonne à Paris).
  • Le support usuel pour l’enluminure est le parchemin. C’est une peau d’agneau ou de veau préparée avec soin, puis trempée, grattée et étirée. Il est en général de teinte crème ou blanche. Lorsqu’il est très fin et de qualité supérieur, on le nomme vélin. Le parchemin donne aux pigments une luminosité que l’on obtient pas sur le papier. Autrefois, la peau était choisie selon le format du livre désiré, puis on la pliait et l’assemblait. Les principaux outils utilisées sont le pinceau et la plume (souvent d’oie et appartenant à l’extrémité de l’aile).
  • Les couleurs utilisées sont variées, mais les couleurs de base sont le rouge, le bleu et le vert ainsi que le blanc et le noir. A noter que le jaune est absent, celui-ci est remplacé par la feuille d’or. Le plus important dans la couleur est le liant. L’enluminure est faite à base de détrempe à l’oeuf. Le jaune est mêlé à une quantité d’eau égale et dans un second temps mélé au pigment. Il faut appliquer la détrempe par petits coups de pinceaux parallèles les uns aux autres. Les couches peuvent se superposer mais doivent être très sèches et minces afin d’éviter les craquelures. Le blanc de l’oeuf peut servir de vernis une fois l’ouvrage terminé. La couleur est rehaussée par la feuille d’or. La dorure à la feuille d’or est assez simple en soi mais demande une grande minutie. Elle doit être exécuté avant l’application des autres couleurs. En premier on peint avec une colle spéciale les endroits que l’on veut dorer. Puis on applique délicatement la feuille d’or. Le tout est essuyé avec un morceau de soie. Une fois la feuille d’or et les couleurs posées, des rehaut de blancs et de noirs peuvent être appliqué pour mettre certaines courbes de l’enluminure en valeur.

Lien à voir : Calligraphie et Enluminure du site Château Celtes et Chimère.

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