Petite histoire de la cotte de mailles :

Certaines théories très récentes laissent à penser que cette forme d’armure aurait été inventée à l’âge du bronze par les étrusques environ 3000 ans avant notre ère.hauberg1p
Cependant, les théories les plus couramment admises situent son invention chez les Celtes vers -400 avant l’ère chrétienne.

De part des contacts répétés entre ce peuple et Rome, (commerce ou invasion) les romains finirent par l’adopter et ce qu’ils appelaient à l’époque « lorica hamata » était en dotation standard dans les légions à l’époque des guerres puniques (3eme siècle avant JC).

Elle accompagnera César lors de la conquête de la gaule (les armures lamellaires romaines si bien connues grâce à Astérix n’apparaîtront que pendant le premier siècle après JC et pourraient ne pas avoir été généralisées pour toutes les troupes de l’époque)

Ce type d’armure survivra à la désintégration politique de l’empire romain Elle restera quasi incontestée pendant la majeure partie du moyen age (où le vêtement qu’elle constitue sera appelé haubert, d’où le terme souvent utilisé d’haubergerie pour sa fabrication).

La cotte de maille ne se verra progressivement remplacée par des plaques de métal dans la panoplie militaire européenne qu’à partir du XIVeme siècle. Elle résistera jusque sur les armures les plus complètes (comme celle de Louis XIV par exemple) pour combler les zones que la rigidité de la tôle laissait à découvert.

Pendant la longue période XVIeme XVIIeme et XVIIIeme siècle, la fabrication en série de pièces d’armures entraînera une baisse qualitative de celles ci, et les hommes de troupe la délaisseront progressivement, car entre la mauvaise qualité qui leur était dévolue, et la généralisation des armes de tir elles ne valaient plus l’encombrement subit. Pendant ce temps là, comme dans les temps anciens, les nobles continuaient de se payer des armures de très bonne qualité à l’épreuve des balles, (La cuirasse du maréchal de Turenne résista même sans flancher à l’impact d’un boulet, mais pas son contenu). Cependant, depuis l’époque de la chevalerie, les riches nobles avaient pris pour habitude d’être loin derrière leurs troupes pour les commander, au lieu d’être les premiers à charger. Et parmi d’autres causes comme ceux pouvant se la payer n’allaient plus se battre, l’armure disparu peu à peu du champ de bataille européen, entraînant la maille à sa suite.

La cotte de maille ne fut cependant pas abandonnée partout : Elle subsista notamment en Asie, et au moyen orient. Elle fit aussi un retour ponctuel chez certains militaires Européens à l’époque coloniale en réponse aux armes tranchantes indigènes. Puis lors de la première guerre mondiale les équipages de chars Renault FT 17 pour protéger leur visage des éclats.

Parmi ses derniers usages actifs du domaine militaire, on peut citer son utilisation en complément des armures d’écailles, quand, en 1945 les cavaliers Tibétains tentèrent de résister aux mitrailleuses chinoises.

De nos jours, ce type de protection continue d’être utilisé quotidiennement par les bouchers qui s’en servent sous forme de gants et de tablier.

Fabrication de la cotte de maille.

L’haubergier commençait par transformer un lingot de fer en fil, d’abord par martelage puis en étirant et faisant passer celui ci par les trous successifs de plus en plus fin d’une filière coincée dans un étau jusqu’à obtenir le diamètre de fil désiré.

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Exemple de filière nordique

Une fois le fil obtenu, il va être enroulé autour d’une barre de métal puis coupé pour faire des anneaux.

(A certaines époques et pour certaines qualités de mailles, notamment à l’époque romaine, la moitié des mailles pouvait être constituée d’anneaux découpés à l’emporte pièce dans de la tole de fer pour ne pas pouvoir s’ouvrir. D’autres méthodes pour la fabrication d’anneaux fermés incluaient la soudure de ceux ci)

Un fois les anneaux obtenus, il devaient être assemblés. Pour les mailles de plus mauvaise qualité, ceux cis voyaient leurs extrémitées juste mises en contact bord à bord (comme on le fait généralement actuellement). Mais pour obtenir une résistance approchant celle de l’anneau fabriqué fermé, on a besoin d’utiliser un fil plus gros que la taille normale, celà demande ,certes, moins de travail, mais implique une cotte de maille plus lourde au final.

Plus fréquemment, pour les cottes de bonne qualité, chaque anneau était riveté. (La méthode de rivetage variant suivant les régions et les époques). Les anneaux ainsi rivés étaient d’une solidité nettement plus grande et d’un poids bien moindre que des anneaux restant fermés par la seule résistance du métal.

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Dans le sens des aiguilles d’une montre : Fil enroulé autour d’un barreau de métal; anneaux découpés dont un prèt à être riveté; maille rivetée; maille aboutée.

A titre d’exemple, on a retrouvé du coté de Kungslena un haubert de mailles de 15,3kg qui daterait de 1208 avec des anneaux tous rivés de 11mm de diamètre externe. Mais cette taille et ce poids sont vraiment très variables même pour une seule région.

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Utilisation :

Pour la période que nous reconstituons les cottes de mailles comportent très fréquemmement des manches longues avec des moufles intégrés, mais aussi une cagoule munie d’un ventail destiné à protéger le bas du visage.

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A cette protection du haut du corps s’ajoutait pour les cavaliers des chausses de mailles. Ces chausses se présentaient à peu près comme de hautes chaussettes et permettaient de protéger les jambes des cavaliers plus exposées que celles des piétons.

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L’armure de maille permet de stopper tous les coups tranchants, par contre elle est très souple et n’offre donc qu’une faible protection contre les chocs (mais non nulle de par son poids et son inertie, et parfois sa déformation). De fait, pour compenser ce défaut elle était portée en conjonction d’un vêtement rembourré destiné à amortir les chocs que l’on nomme un gambison.

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