Les dagues

Fidèle compagne, la dague quitte rarement son propriétaire. La bible de Maciejowski (voir la page de liens), en montre divers modèles. Elle est soit comme dans l’illustration ci dessus une arme de trahison. Soit l’arme de dernier secours, ou encore celle qui servira finalement à venir a bout d’un adversaire que l’on immobilise. Ce premier modèle, donc, semble avoir un pommeau ovoïde, et une garde étroite courbe et dont les extrémités se terminent en disque ou boule. L’arme suivante présente une forme similaire, bien que la garde soit moins courbée. On distingue bien le bouton de rivetage du pommeau sur la soie.

Ici, la lame visible en totalité montre par son arête centrale se déportant d’un coté peu avant la pointe, que l’on se trouve probablement en présence d’une lame à simple tranchant. Le coté tranchant de la lame semble être la partie blanche de celle ci, tandis que le dos serait la partie bleutée. Rien ne permet de voir si ce dos de lame serait affûté où non. Si le premier coup d’œil donne l’impression d’une lame isocèle, un regard plus attentif permet de voir une forme de triangle rectangle. le coté droit étant du coté du dos de la lame. L’image suivante présente une lame moins acérée, à la pointe arrondie même, si l’on se fie à l’enluminure :

Ici, la garde est de la même famille que les deux premiers exemples, et c’est le modèle visiblement le plus fréquent alors que c’est le pommeau trilobé comme ici qui parait le plus répandu. L’arête centrale presque effacée, parait se poursuivre jusqu’a la pointe en restant bien centrée. Ce qui pourrait être l’indication d’une lame à double tranchant, comme pourrait le confirmer la couleur uniforme de la lame… Ce modèle, est pour le moment, le seul exemple de lame qui pourrait être à double tranchant symétrique que j’ai pu identifier. Les exemples suivant présentent tous une arête (ou rainure?) médiane clairement décentrée. faisant penser à des lames à simple tranchant. L’interprétation d’une rainure du coté dos de la lame au lieu d’une arête délimitant les facettes de celle ci, est une possibilité plausible, de nombreuses dagues plus récente présentant cette caractéristique.
Dans les techniques de combat moderne, la rainure coté dos du couteau de combat permet de tenir celui ci entre les dents sans provoquer de réflexe de déglutition. Ce qui est bien pratique pour avoir, assez confortablement, l’arme à porté de main lors de l’approche discrète (en rampant par exemple) d’une sentinelle, sans risquer d’être gêné dans sa progression en ayant un arme dans la main, ou en éveillant l’attention de l’adversaire à surprendre, par le bruit de la lame sortant du fourreau au dernier moment.
Rien ne prouve que cette technique d’élimination de sentinelles était effectivement utilisée à l’époque. Cependant les rainures se retrouvent au moins comme simple décoration de bon nombre de pièces historiques antérieures et extérieures.
Après ces généralités voyons les autres exemples de dagues du manuscrit.
Un modèle à garde droite juste coudée aux bouts, et pommeau trilobé et gravé ou bien décoré en relief.

Ici aussi, le pommeau est du type trilobé, la garde courbe se terminant en petits disques, présente une petite pointe en son milieu.

Celle ci à elle aussi la classique garde courbe à disques, mais un pommeau d’une sobriété extrême.

Voici une arme à pommeau en boule ou en disque, la garde courbe présente des extrémités se terminant semble t’il par des trèfles à trois feuilles.

Seul modèle où la poignée est totalement visible, la garde courbe semble se terminer en crochets, tout comme le pommeau, à moins que celui ci ne soit bilobé et décoré. De par sa couleur unie, on peut envisager une poignée monobloc en bronze coulé intégrant garde et pommeau, et présentant des rayures creusées à la fonction décorative et antidérapante. A moins que l’artiste n’ait pas pris la peine de différencier les diverses parties constituant cette poignée.

Là encore un pommeau trilobé, une garde courbe aux extrémités en triangle et dont le milieu présente une « pointe » arrondie à hauteur du milieu de lame. Cette dernière présente une décoration ondée sur son « dos »

La garde est similaire a l’exemple ci dessus, mais le pommeau en croissant de lune à un bouton arrondi à hauteur du rivetage probable de la soie sur le pommeau. La lame à une rainure non loin de son dos, et une décoration ondée.

Cette arme plutôt élégante présente une longue lame acérée avec une décoration triangulaire coté dos. La garde courbe à extrémités en disques dont la décoration centrale est identiques aux deux précédentes dagues. Le pommeau est fleurdelisé.

Voici une arme au pommeau trilobé et décoré, dont la garde est en contraste plutôt sobre par rapport à celui ci. La lame à arête et décoration ondée coté dos, présente une déformation plutôt originale. En effet, le tranchant au lieu d’être bien droit est ventru.

Cette dernière dague semble le modèle le plus typique de cette arme dans tout le manuscrit, avec le pommeau trilobé, la garde courbe à « disques », et la lame rainurée à simple tranchant.