Les armes des jet

  • Au moment où la bible de maciejowski est écrite (mi XIIIeme), l’occident à encore plus de 70 ans à attendre sans connaître la poudre. Par conséquent, les armes de jet ont encore toutes comme moyen de propulsion la force de l’homme.
  • Commençons, par sans doute la plus ancienne et la plus primitive : La fronde.

jet01

  • L’unique représentation de celle ci dans l’ouvrage étudié, montre un modèle constitué de deux cordes, et d’une poche à balles en filet, ou en tissu. La pierre utilisée ici est une simple pierre ramassée et non travaillée. (A l’époque romaine, les frondeurs recevaient des projectiles moulés et marqués au numéro de leur légion).
  • Les arcs montrés ne sont visiblement pas des armes faites suivant le principe du célèbre arc long anglais (le long bow), rien qu’en observant les deux illustrations suivantes d’un même arc en tension et au repos, il apparaît que cet arc n’est pas un modèle droit, mais un arc réflexe (sans la corde il doit être courbé « à l’envers ») à extrémité rigides, forme normalement associée aux arcs composites.

jet03  jet02

  • Dans le reste de l’ouvrage, les autres arcs présentent les mêmes caractéristiques, même si la courbure inverse au niveau de la poignée est moins visible sur les autres arcs au repos.

jet04  jet05

  • Sur plusieurs illustrations, on distingue une pièce ajoutée au niveau de la poignée, sans doute pour assurer une meilleure préhension de l’arme.
  • La dernière illustration montre plusieurs types de flèches : deux au fer triangulaire et acéré, afin de pénétrer profondément dans les chairs, en les entaillant afin de provoquer une hémorragie importante, et pourvu d’ardillons afin de ne pouvoir être sorties des chairs que dans un seul sens : en poussant.
  • La troisième flèche est elle pourvue d’une « pointe » plate. L’enluminure ne permet pas de déterminer si il s’agit d’une pointe conique destinée à assommer le petit gibier (une pointe perçante le traverserait totalement, et il irait mourir plus loin sans que le chasseur puisse le retrouver) ou d’une pointe tranchante (moins fréquente car d’une utilité plus limitée).
  • Afin de ne pas confondre les flèches, on peut remarquer que celles à pointes triangulaires ont un empennage lui aussi triangulaire, tandis que celle à pointe plate présente des plumes rectangulaires.
  • Un autre type de flèche représenté possède lui aussi des ardillons, mais une pointe qui n’est plus triangulaire :

jet06

  • Ici on voit une pointe longue et acérée, probablement de section ronde ou carrée, munie d’ailes réduites. Ici on peut clairement distinguer la trace d’un clou ou d’une cheville à la base du fer. Ce type de montage n’est utile que sur un fer à douille.
  • Il est possible que ce soit un type de flèche spécialisé pour forcer les anneaux des cottes de mailles, comme le roi Saul en a rencontré sur l’image ci après :

jet07

  • Un gros plan sur une flèche permet d’en apprécier la construction :

jet08

  • Un fût bien droit, un fer à douille cloué en place, des plumes collées et lacées en place, et une encoche ajoutée, peut être en corne.
  • Etonnamment, je n’ai, pour le moment, trouvé aucun carquois dans toutes les illustrations de l’ouvrage. Toutes les flèches y étant montrées passées dans la ceinture.
  • La dernière arme de jet représentée est l’arbalète :

jet09

  • Le fût semble droit et plutôt simple, la détente à déjà la forme que l’on retrouvera sur les arquebuses, aucune ligature ne semble visible pour maintenir l’arc au fut et amortir les chocs. L’arc parait juste être emboîté/collé en place. L’arc lui même semble être d’une forme droite assez simple lui aussi.
  • Les carreaux montrés ne paraissent pas avoir le moindre empennage.
  • A l’extrémité de l’arme un anneau de fer est visible. celui ci servant probablement d’étrier lors du réarmement de l’arbalète. L’arbalétrier passait la corde dans le crochet attaché à sa solide ceinture de cuir, et appuyait de son pied dans l’étrier pour retendre la corde en place.

jet10

  • Plus tard, la puissance des arbalètes augmentant, ce système sera remplacé par des bras de levier, des treuils munis de poulies (système dit à moufles), puis à cric (cranequin) quand la puissance de l’arbalète concurrencera les traits à poudre de plus en plus efficaces…

frise